Le coach français des Geneva Devils – qui affrontent Nyon demain – et de l’équipe de Suisse est celui qui avait découvert le Veveysan en l’an 2000. Il n’est pas surpris par ses débuts réussis en NBA.

LAURENT GUIRAUD - ATTENTIF: Manu Schmitt a suivi par presse interposée les débuts de Thabo Sefolosha en NBA. Il se réjouit que le basket soit à la une des journaux.
C'était à l'été 2000 à Châlon-sur-Saône. Un tournoi de cadets comme
il en existe beaucoup. Déjà cette silhouette longiligne. «Et un talent
naturel. Je l'ai repéré tout de suite, se rappelle Manu Schmitt. A
cette époque, Thabo Sefolosha avait seize ans et jouait dans la
sélection vaudoise.»
Celui qui est aujourd'hui coach des
Geneva Devils et de l'équipe de Suisse, dirigeait alors le centre de
formation de l'équipe bourguignonne. «Dès lors, j'ai suivi la
progression de Thabo. Et en 2002, quand j'ai été promu entraîneur de
l'équipe en Pro A, je l'ai fait venir à Châlon. Il sortait d'une belle
saison avec Vevey.»
Les débuts en France sont délicats. «Vous
imaginez? Il arrive de Suisse où il est un joueur dominant malgré son
jeune âge. Et à Châlon, il n'est rien! Il se retrouve en bout de banc
ou alors joue avec les espoirs. Mais, il se bat. Il travaille. Il
arrive en premier à l'entraînement et repart en dernier. Et il finit
par s'imposer. Thabo a vraiment un mental d'enfer. Quand un obstacle se
présente à lui, il a cette capacité à se remettre en question. Il
trouve la solution pour surmonter, et non pas contourner, cet obstacle.
Il a en plus la chance de bénéficier d'un entourage familial fabuleux.»
Manu
Schmitt n'est donc pas surpris par les bons débuts du Veveysan en NBA.
«Il évolue dans une équipe idéale pour lui. Je sais que les dirigeants
et le staff technique des Bulls comptent vraiment sur lui et vont donc
lui laisser le temps de prendre ses marques. Sur ces deux premiers
matchs, il a bénéficié de circonstances favorables. Mais encore
fallait-il être capable d'en profiter. Toujours ce mental…»
L'aventure
Sefolosha est une bénédiction pour tout le basket suisse. «Il montre à
tous les jeunes de ce pays que l'on peut être formé à Vevey et réussir
à gravir les échelons.» Mais l'impact est surtout médiatique. «Même les
Alémaniques qui ne s'intéressent d'ordinaire que très peu au basket,
m'appellent pour en savoir plus. C'est bon d'avoir du basket en une des
journaux», se réjouit-il.
Avec la Suisse en 2007
Secrètement,
Manu Schmitt espère que Thabo pourra revêtir le maillot de l'équipe de
Suisse en septembre 2007 pour accéder à la Division A européenne. «Il
en a envie. J'ai pris un premier contact avec les dirigeants des Bulls
et je me rendrai sur place avant Noël.»
Ça se passera à l'été
2007. Des matches qualificatifs comme il en existe beaucoup. Et une
silhouette longiligne attirera tous les regards…
Grégoire Surdez
Extrait du 24 Heures n°256 - 3 Nov 2006. Tous droits réservés.