Les adeptes continuent d'arriver, apparemment un nouveau par semaine de la carrière du jeune Thabo Sefolosha.
Ils arrivent au Berto Center et au United Center pour faire la chronique de chacun de ses gestes, pour assouvir la curiosité à la maison, pour raconter l'histoire du premier joueur Suisse en NBA.
Leurs reportages passent dans les télévisions et journaux suisses, habituellement dévoués aux exploits sportifs sur les terrains de foot, patinoires de hockey ou autres montagnes.
"Il reçoit bien trop d'attention pour un rookie," commente Viktor Khryapa, souriant.
La taquinerie est devenue l'ultime forme de respect dans les vestiaires de sports. Et Sefolosha est en train d'être accepté non seulement pour sa pure abilité au basket mais aussi pour le chemin qu'il a pris pour atteindre son but de toujours.
Des enseignants l'en dissuadaient. Des amis riaient de lui. Même quelques coéquipiers dans les ligues françaises et italiennes qu'il rejoignit pour une meilleure compétition roulaient leurs yeux lorsqu'il répétait les trois lettres se son rêve ultime--NBA.
"Je me souviens de gens riant et disant: `D'accord, et puis quoi encore?'" dit récemment Sefolosha au centre d'entraînement des Bulls. "J'avais tellement de gens qui me disaient que je ne quitterais jamais la Suisse en jouant au basket."
C'est ce qui a rendu la journée de Draft et l'échange des Bulls pour l'acquérir auprès des 76ers en juin dernier si spéciale. C'est pourquoi un e-mail que Sefolosha reçut l'autre jour de la part du compagnon de sa mère lui résonna si fortement.
"Il dit, `C'est bien d'être le meilleur. Mais être le premier est tout aussi bien,'" raconte Sefolosha. "Être le meilleur, quelqu'un d'autre peut toujours venir plus tard et se montrer meilleur que toi. Mais être le premier, personne ne peut te l'enlever."
Les leçons de vies de sa famille et de ses amis ont toujours touché Sefolosha, le plus jeune fils d'un musicien sud-africain et d'une artiste suisse. Patrick et Christine Sefolosha se sont marriés durant la terrible période de l'apartheid et leur mariage mixte créa légitimement un peu d'anxiété.
Les insultes étaient courantes. Des altercations physiques se sont également produites.
"C'était assez dur pour tous les deux, surtout pour ma mère," dit Sefolosha. "En tant que femme blanche, elle a traversé beaucoup d'épreuves simplement parcequ'elle aimait cet homme. Je les respecte vraiment tous deux pour ce qu'ils ont traversé."
A la recherche de tolérance sociale, le couple déménagea en Suisse avant que naisse le grand frère de Thabo, Kgomotso. Comme la plupart des enfants suisses avec un surplus d'énergie, Sefolosha et son frère ont joué au football, conduit à vélos et s'arrêtaient rarement.
Mais lorsqu'un ami sur le terrain de jeu glissa à Sefolosha quelques cassettes de matches NBA, quelque chose se produisit. Ici, dans les arrêts fluides et rapides de Chris Webber, la défense de Scottie Pippen et les gestes artistiques de Michael Jordan, Sefolosha trouva sa passion à l'âge de 10 ans.
Convenant le fruit de deux parents à l'inclinaison artistique qui attachaient de l'importance à l'expression, Sefolosha était plus attiré par l'expression du mouvement.
"J'aimais les Bulls, mais je n'ai jamais été un grand fan d'une seule équipe," raconte Sefolosha. "J'aimais simplement beaucoup les mouvements du jeu. Je ne savais rien du tout de lui. Mais j'étais intrigué par les courses, les sauts et les dunks des joueurs."
La passion de Sefolosha devint rapidement une obsession, ce qui explique pourquoi il demanda la faveur de ses parents pour partir en France, à l'âge de 17 ans, pour essayer de jouer profesionnellement. Aujourd'hui divorcés, ses parents insistèrent pour qu'il obtienne son Baccalauréat tout en jouant, afin qu'il ait du lest au le cas où son rêve échouerait.
Puis ils l'encouragèrent tous deux à vivre ses rêves.
"Ce sont des gens passionnés et ils m'ont toujours montré que lorsque tu crois en quelque chose et que tu veux vraiment le faire, tu dois le poursuivre, peu importe ce que les autres gens disent," explique Sefolosha. "C'est ce que j'ai fait en allant en France et plus tard jouer en Italie."
C'est en Italie que John Paxson a vu pour la première fois Sefolosha jouer, après que l'ailier ait frappé dans l'oeil d'Ivica Dukan, le recruteur des Bulls en Europe. A ce moment, Sefolosha avait muri et était devenu un jeune homme sûr de lui, quelqu'un dont la famille, les voyages à travers le monde et les expériences de la vie lui avaient appris des leçons qu'il n'a jamais oubliées.
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Par K.C. Johnson
Extrait du Chicago Tribune - © 2006. Tous droits réservés.